Quand je suis à vélib, et qu'il n'y a plus de place disponible pour raccrocher l'engin, je suis en tort. C'est la loi.Quand je rate une séance chez le monsieur de la tête, même si j'ai une bonne raison, je paye. C'est la loi.
Quand l'assemblée vote une loi scélérate, j'en subis les conséquences. C'est la loi.
Quand 53% d'un pays donne les pleins pouvoirs à un irresponsable, je deviens la cible de cet outre-pouvoir. C'est la loi.
Quand je vais chez le médecin, si je prends rendez-vous pour ne pas attendre trop longtemps dans la salle d'attente, je paye plus cher. C'est la loi.
Quand un malappris me raccroche au nez après m'avoir harcelée de paroles pendant une heure, je n'ai plus que mes yeux pour pleurer. C'est sa loi.
Quand mon odieuse chefaillonne me fait reprendre un texte dix fois de suite, pour finalement revenir à la version d'origine, je dois me taire. C'est la loi.
Quand je reçois une lettre d'Arnaud Lagardère, expliquant à tous les salariés du groupe qu'on le traîne injustement dans la boue et qu'il attend de chacun de nous un soutien sans faille, qu'il souhaite que nous fassions corps derrière lui pour défendre son honneur flétri, je n'ai pas le droit de rire. C'est la loi.
Quand j'aime et n'obtiens que le silence en réponse, je m'y plie. C'est la loi.
Ainsi ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste
Eh bien vois-tu, cher Philippe, rarement cette pensée pascalienne ne m'aura semblé si juste. Reste donc à la faire entendre avec force.
A toi pour toujours,
Valentine
Lucas Cranach, Allégorie de la justice, 1537
Quand l'assemblée vote une loi scélérate, j'en subis les conséquences. C'est la loi.
Quand 53% d'un pays donne les pleins pouvoirs à un irresponsable, je deviens la cible de cet outre-pouvoir. C'est la loi.
Quand je vais chez le médecin, si je prends rendez-vous pour ne pas attendre trop longtemps dans la salle d'attente, je paye plus cher. C'est la loi.
Quand un malappris me raccroche au nez après m'avoir harcelée de paroles pendant une heure, je n'ai plus que mes yeux pour pleurer. C'est sa loi.
Quand mon odieuse chefaillonne me fait reprendre un texte dix fois de suite, pour finalement revenir à la version d'origine, je dois me taire. C'est la loi.
Quand je reçois une lettre d'Arnaud Lagardère, expliquant à tous les salariés du groupe qu'on le traîne injustement dans la boue et qu'il attend de chacun de nous un soutien sans faille, qu'il souhaite que nous fassions corps derrière lui pour défendre son honneur flétri, je n'ai pas le droit de rire. C'est la loi.
Quand j'aime et n'obtiens que le silence en réponse, je m'y plie. C'est la loi.
Ainsi ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste
Eh bien vois-tu, cher Philippe, rarement cette pensée pascalienne ne m'aura semblé si juste. Reste donc à la faire entendre avec force.
A toi pour toujours,
Valentine
Lucas Cranach, Allégorie de la justice, 1537
