26 janvier 2007

Temps modernes

Cher Philippe,

Pour une fois, bien malgré toi, et presque malgré moi, ce dimanche, nous serons sur la même longueur d'ondes, même si, malheureusement, ce ne seront pas celles de France Inter. Car moi aussi cher Philippe, ce dimanche, je serai au charbon, et dès la première heure. Quoique je risque de beaucoup moins m'amuser que toi, puisque déguisée en potiche, je servirai des coupes de champagne à des gens très très riches pour essayer de leur refourguer des objets très très chers. Mais que veux-tu, c'est la triste contrepartie des négociations échouées. C'est le prix à payer pour une dot digne de ce nom, celle que je me ferai un plaisir de glisser dans la corbeille de notre douce union.

A toi pour toujours,

Valentine

Petite mort



Lasse, je me glisse entre les draps, le tissu frais au contact de ma peau nue me fait frissonner, je remonte la couette sur mes seins, et le vide m’apparaît. Je vais encore l’attendre, et une fois de plus, il ne viendra pas.

Il ne réchauffera pas mon corps, il ne me prendra pas doucement, ne m’attirera pas en lui, je ne me perdrai pas en lui, ne lui abandonnerai pas mes sens, mes pensées, mes rêves.

Régulièrement, j’étirerai mes membres, impatiente et alanguie, comme si une simple pose sensuelle allait le faire venir, pourtant je sais qu’il ne viendra pas.

Je me retournerai avec un soupir, et enfouirai mon visage au creux de l’oreiller, pour m’offrir à lui, pour qu’il vienne et me prenne, pour que soudain je le sente en moi, qu’il s’immisce en moi par surprise, qu’il fasse monter en moi cet état de semi conscience qui me conduirait à l’abandon, je me tortillerai encore, véritable appel à la délivrance, mais il ne viendra pas.

Je me redresserai sur le lit, je passerai une main fébrile sur ma joue, mon front, dans mes cheveux, puis sur ma poitrine oppressée, je l’appellerai de tous mes vœux, mais il ne viendra pas.

Ni cette nuit, ni la suivante, ni celles qui suivront.

Le sommeil, pour moi, ne viendra plus.

22 janvier 2007

Les 3 L


Cher Philippe,

C'est pas pour faire ma chieuse, mais quand même, un 21 janvier, tu aurais pu faire un petit effort : c'est pas tous les jours qu'on célèbre en même temps la mort d'un roi et d'un révolutionnaire, alors, des trois L, tu aurais pu ne pas choisir Londres...

Monday Morning Again

...vous tous derrière le poste, vous êtes de plus en plus nombreux à nous écouter le dimanche matin. Nous avons appris cette semaine que, désormais, vous êtes plus d'un million, nous, on n'en revient toujours pas"
Philippe Collin, France Inter, dimanche 21 janvier, vers 11h59.


Cher Philippe,

Entre nous, si tu nous l'avais demandé, on te l'aurait dit, nous, derrière le poste, qu'on était un paquet. Fidèles au poste. Et prosélytes avec ça, alors tu peux en être sûr, quand les prochains chiffres tomberont, on se sera encore multipliés comme des petits pains (anglais).
Et on aura raison, car entre nous encore, peux-tu me dire où on peut trouver sur les ondes autant de surprises que le dimanche matin sur Inter ? Tu peux me dire où je peux tout à la fois entendre une reprise de Cloclo en anglais, qui me remplit de joie, une raffarinade qui me déride, une brève foutraque sur nos amis les Anglais, le tout orchestré par ta douce voix ? Tu en connais beaucoup, toi, des radios, enfin des émissions, où je peux être sûre que, chaque semaine, j'en aurai pour mon plaisir ? Eh bien moi je n'en connais qu'une, et c'est la tienne.
Alors, surtout, surtout, ne lâche rien.

A toi pour toujours,

Valentine

PS : avec tes chiffres de cador, tu vas pouvoir obtenir une p... d'augmentation. Toi.

19 janvier 2007

4.1



Vous êtes allé(e) voir votre
CHEF DE SERVICE
Il était là. Il a répondu quand vous avez frappé.
Vous êtes entré(e). Il vous a dit de vous asseoir,
ce que vous avez fait.
Vous lui avez narré par le menu toute la délicatesse de votre situation économique et vous lui avez demandé une

AUGMENTATION

Tout à fait d'accord avec vous quant au bien-fondé de votre démarche, votre Chef de Service vous a signifié qu'une augmentation de salaire, dans le cadre de la vaste Entreprise dont vous n'êtes qu'un des innombrables éléments, posait des problèmes fort complexes engageant la totalité des services
comptables,
économiques,
financiers,
et responsables.
Il vous a néanmoins fortement promis d'appuyer votre revendication et vous a laissé entendre qu'une réponse favorable pourrait vous être donnée dans un délai qu'il a, plus ou moins arbitrairement, fixé à 6 MOIS. Vous attendez donc 6 mois
et au bout de 6 mois

Ou bien
vous avez obtenu une augmentation et, dès lors, il n'y a plus de problèmes,

ou bien
vous n'avez pas obtenu votre augmentation, et tout reste à re-com-men-cer.
En allant voir votre Chef de Service
En attendant son retour dans le couloir
[...]
Ou en faisant le tour des différents services dont l'ensemble constitue tout ou partie de la noble Entreprise à laquelle vous avez consacré, tout au long de votre vie, le meilleur de vous-même...



Voilà, cher Philippe, c'est toujours dans Pérec, et autant te dire qu'à présent, il va te falloir renoncer à m'aimer pour mon argent. Mais rassure-toi, je suis aimable par mille millions d'autres raisons, que je me ferais un plaisir de te dévoiler une à une (sauf le dimanche matin, parce que tu bosses).


A toi pour toujours,

Valentine

18 janvier 2007

Mektoub



1 • Vous avez mûrement réfléchi, vous avez pris votre décision et vous allez voir votre Chef de Service pour lui demander une augmentation.
2 • Ou bien votre Chef de Service est dans son bureau, ou bien votre Chef de Service n'est pas dans son bureau.
3 • Si votre Chef de Service était dans son bureau, vous frapperiez et vous attendriez sa réponse.
4 • Si votre Chef de Service n'était pas dans son bureau, vous guetteriez son retour dans le couloir.
5 • Supposons que votre Chef de Service ne soit pas dans son bureau.
6 • En ce cas vous guettez son retour dans le couloir.


C'est le début de l'Augmentation de Pérec.
C'est aussi ce qui m'attend demain à la première heure.
Alors pense à moi, cher Philippe - qui sait, je finirai peut-être par être un bon parti ?

A toi pour toujours,

Valentine

SNCF

Hé hé.... !

Merci à Cha pour cette photo.

17 janvier 2007

Huit et demi


Cher Philippe,

Rassure-toi, huit et demi, ce n'est pas la note que je mettrais à ta dernière émission. Et pour cause, puisque mon i-tunes refuse de la télécharger - quand i-tunes pas content, lui toujours faire ainsi. Mais puisque nous étions piste aux étoiles dimanche, il m'a semblé judicieux de faire un petit détour par le cirque absolu que je vis en ce moment, le bordel, le foutoir, le grand n'importe quoi.
Rends-toi compte : plus une minute à moi pour t'écouter, encore moins pour t'écrire, quelques mots griffonnés sur un billet entre deux portes, des post-il plein la tête pour penser à te dire mille choses :

- Nico et le cetnoeuftrente
- Pourquoi Isabelle Giordano est à Radio France ce que les sauterelles sont à l'Egypte : une plaie
- Ian MacEwan et le le syndrome de Clérambault
- Le vingtième arrondissement, et ses dix-neuf potes
- Jean-Pierre Vernant
- Marie-Georges Buffet m'a envoyé un mail, dingue, non?
- Comment demander une augmentation ?
- Collin
vs Bonnaud, bis.

Et encore mille autres choses que je ne saurais dire en si peu de temps. Bref, tu vois, il est temps que le cirque de mon esprit pose son chapiteau quelque part et n'en bouge pas avant longtemps, pour me laisser tout loisir de te raconter ce qui me passe par la tête, et te renouveler ainsi tout mon amour - cf. le syndrome de Clérambault, donc...
Et entre nous, j'adore l'idée d'être une mystique manquée, comme ils disent.

A toi pour toujours,

Valentine

15 janvier 2007

Alhambra

Cher Philippe,

Champagne
Cranberry
Liqueur de rose

Tels sont les ingrédients du fabuleux cocktail Alhambra que je dégustai en pensant à toi, hier, au Defender, le bar de l'Hôtel du Louvre.
Tu vois, j'avais manqué ton émission, et cependant mes pensées étaient pour toi.
Et je me réjouis à l'idée qu'un jour, nous partagerons un Alhambra de concert.

A toi pour toujours,

Valentine

13 janvier 2007

Tomorrow never knows

Cher Philippe,

Cela devait arriver.
J'entends déjà tes protestations, j'imagine ton trouble, je vois ta déception, mais c'est ainsi :

Demain, je n'écouterai pas ton émission
.

Oh, bien sûr, je la baladogistrerai, mais ce ne sera pas vraiment pareil. Je n'aurai pas ce petit frisson au moment où ta voix débarque dans mon oreille alors que je sors à peine des brumes du sommeil. Je ne me pelotonnerai pas sous ma couette en savourant la douceur de ce rendez-vous avec toi, rendez-vous fidèle et chaque semaine plus indispensable à mon coeur. Je ne rirai pas de tes bons mots, ni ne me réjouirai de les commenter plus tard ici même.
Non, vois-tu, demain, dès l'aube, à l'heure où Paris ne blanchira sans doute pas, je partirai. Mais pas à ta rencontre...
Alors j'espère, cher Philippe, que tu me pardonneras, et que tu comprendras que si je suis à toi pour toujours, je ne peux pourtant l'être à chaque instant...

A toi pour toujours,

Valentine

10 janvier 2007

Fallait pas m'énerver






Cher Philippe,

A cause de toi, et pour faire passer l'amère pilule que tu m'infligeas tantôt, j'ai compulsivement surcompensé au Printemps.

Surtout au rayon bottes.

Je suis donc ruinée, mais je ne suis plus fâchée, c'est l'essentiel, non?
Evidemment, si tu comptais m'aimer pour mon argent, c'est mal barré, mais bon...

A toi pour toujours

Valentine

09 janvier 2007

Il pleure dans mon coeur...




Et quand c'est l'heure de Philippe Collin de parler, il se passe un phénomène curieux , il y a tout à coup plein de jeunes femmes dans cette cabine qui travaillent toutes avec Philippe Collin et qui viennent l'entendre... parler.
F.B., Maison de la Radio, 9 janvier 2007, vers 17h23.

Non mais je rêve ? Comment ça, les filles de la radio te matent avec concupiscence pendant que tu fais ta chronique chez Bonnaud ?
Je ne peux pas y croire.
Imagine, je suis tranquillement en train de te baladoécouter en fignolant mon précédent billet quand ces mots inouïs parviennent à mon oreille. Aussitôt, je me trouve stupéfaite, pétrifiée de douleur, folle de rage. Mais alors que j'essaye à grand peine de retrouver mon souffle, et de remettre mon coeur à l'endroit, tu m'assènes le coup de grâce.
Oui, toi, toi que j'aime et à qui j'offre mes jours et mes nuits, toi à qui je construis ici un autel à mains nues, voilà ce que tu trouves intelligent d'ajouter à cet instant, de répondre à Bonnaud à propos de ces jeunes oies blanches qui caquettent autour de toi :

Je les adore

Bam! - claque dans la gueule, chute apoplectique, pamoison, puis fureur.

On nage en plein casus belli, Philippe. Et c'est avec une jalousie folle qui me ravage le coeur que je t'imagine rose d'émotion, lançant quelques oeillades enflammées à ces demoiselles, souriant aux unes, envoyant des baisers aux autres.
Alors, tentant en vain de chasser l'affreux sentiment qui m'envahit, je coupe le son, atterrée, et renonce à toute activité pour la soirée. Tant pis, je ne te dirai pas ce soir ce qu'évoque à mes yeux tel ou tel lieu parisien - et si c'était pour me faire taire sur ce sujet que tu as eu ce procédé terrible, permets-moi de te dire que c'est m'aimer bien peu, et bien mal. Fabrice, Julien ou Lucien, eux, n'auraient jamais fait ça.
Je ne t'écouterai pas non plus finir ta chronique et parler avec brio de ce vieux briscard de Fernandez, qui finirait par faire croire au monde que Port-Royal est un chef-d'oeuvre. L'ancien couvent dans le cinquième, sans doute, pour le reste, la RATP a fait mieux avec sa station de RER que Sainte-Beuve avec sa grosse plume pataude, c'est dire.
Enfin, je ne sortirai pas plus réjouir mes mirettes au fond d'une salle obscure, ni ne trouverai de consolation sur la banquette d'un café familier.

Non, ce soir, par ta faute, ni mes yeux, ni ma bouche, ni mes mains n'auront plus goût à rien.




18

Cher Philippe,

L'autre jour, alors que j'essayais de deviner où tu pouvais bien habiter, j'ai eu des mots un peu définitifs pour affirmer que tu habitais nécessairement dans le X, XI, XIX ou XXème arrondissement, et j'avais pour appuyer mon intuituion réglé leur sort à tous les autres coins de Paris. Or, je me suis rendu compte que :
1/ j'ai été très injuste avec certains arrondissements (enfin je dis ça uniquement pour le cas où tu habiterais dans l'un de ceux que j'avais descendus en flamme...)
2/ dans ma liste, j'ai oublié l'un des moins inconnus d'entre eux, celui de Reine et de Dreyfus, celui des vues les plus insensées de Paris et des escaliers les plus tuants, celui du repentir collectif incarné dans un gros gateau byzantin que je ne parviens pas à détester, bref, tu l'auras compris, le XVIIIème. Arrondissement, pas siècle, hein, ce dernier n'ayant vraiment aucun intérêt, et je le dis d'autant plus sereinement que là au moins, j'en suis sûre, tu n'y vis pas...
Enfin, pourquoi diable ai-je oublié ce quartier, alors que c'est l'un de ceux dans lesquels tu as le plus de chance d'avoir posé tes guêtres ? Peut-être pour m'obliger à me concentrer sur ce que j'aime et ce que je déteste dans ce haut lieu, comme je l'ai fait après avoir pris conscience de mon oubli. Toujours est-il que du coup, de fil en aiguille, j'ai eu envie d'en afficher ici la liste. Et puis tant qu'à faire, de livrer cette même liste pour chacun des dix-neuf autres arrondissements.
Rassure-toi, pas d'un seul coup, ce serait un peu indigeste, mais quand j'en aurai envie, dans l'ordre qui me fera plaisir, et tant pis si ce faisant, je m'éloigne un peu de mon sujet de prédilection, toi, mais il faut bien dire aussi que tu l'as cherché, à ne jamais me répondre comme tu le fais, il faut bien que je meuble.
Et puis entre nous, même si tu me répondais, je continuerais à dire ce que je veux. C'est ça aussi qui y est bien.
Alors à demain ou à tout à l'heure, pour le premier de la liste.

A toi pour toujours,

Valentine

08 janvier 2007

Happiness is a warm gun (yes it is)

Cher Philippe,

Ce matin je suis très très très ravie - comme le ravi de la crèche, mais plus - et j'ai décidé de te faire partager cette belle humeur. Pourtant, c'est le jour où mes vacances sont finies, et où je dois retomber dans l'écriture à la guimauve au kilomètre. Eh bien, même ça, ça ne m'atteint pas. Car vois-tu, j'en ai l'intime conviction, je sais que tu me lis. Parfois on se lève, et hop, certaines choses deviennent plus sûres que d'autres, et c'est ce qui m'est arrivé ce matin à ton propos. D'où ce sourire radieux qui ne me quitte plus.
Alors qui sait, peut-être que d'ici la fin de l'année tu finiras même par me répondre ?

A toi pour toujours,

Valentine

07 janvier 2007

Panique au Mangin Palace

Cher Philippe,


Comme je te le déclarais dans mon dernier billet, j'aurais aimé te fiche mon billet en devinant le thème de la Panique avant sa diffusion. Hélas, mon billet n'était pas gagnant : si, à l'approche des soldes, j'avais bien pensé aux Grands Magasins, mon imagination avait jeté un voile pudique sur l'état misérable de mon porte-monnaie en ces temps de disette. Bien joué.
Alors, comme à l'accoutumée, je t'ai écouté du fond de mon lit, et j'ai adoré ce nouveau délire total foutraque, d'autant plus que j'étais un peu frustrée des rediffusions de la semaine passée - bon, d'accord, tu as droit toi aussi à des congés, mais si tu pouvais faire en sorte que ça ne me prive pas trop, ça m'arrangerait.
Ce qui me conduit à une question qui me tarabuste un brin : quand on sera enfin unis par les liens sacrés du mariage, tu continueras la Panique, bien obligé. Or, il va y avoir comme une incompatibilité du dimanche matin parce que vois-tu, cher Philippe, moi le dimanche matin, j'aime bien rester au lit jusqu'à pas d'heure, ce qui n'est d'ailleurs pas sans rapport avec le fait que j'aime à me coucher aux petites aubes la veille. Mais toi, tu te lèves sans doute très tôt le dimanche. J'ai fait une rapide estimation, je dirais 7 heures : bon, déjà, il faut compter le temps du trajet jusqu'à la Maison de la Radio. Je ne sais pas encore où tu vis, mais deux ou trois certitudes m'animent, à savoir que tu es forcément dans un arrondissement où l'on vit, ce qui exclut d'emblée les arrondissements 1 à 8 et 15 à 17. Comme tu es sans doute rive droite - parce qu'à part quelques jeunes gens nostalgiques d'un temps désormais bien passé, qui vit rive gauche de nos jours? -, tu vis donc dans le 10, 11, 19 ou 20 (j'avoue, j'ai enlevé le 9 et le 12 parce que je ne les adore pas, mais je saurais me faire une raison le cas échéant...). Autant dire que tu vis à l'autre bout de Paris rapport à ton travail, et qu'il te faut une bonne heure pour t'y rendre en métro, surtout un dimanche, mais peut-être que depuis que tu te starifies, tu peux faire passer des notes de frais à FI, et que tu te payes le luxe d'aller travailler en taxi (pas très Pif Gadget tout ça!), ce qui ramène le temps à 30 minutes, surtout un dimanche. Dans le doute, je compte 1 heure, à laquelle j'ajoute une demi-heure de marge, pour être sûre, parce qu'il ne s'agirait pas que tu arrives en retard. Et puis si j'y pense deux secondes, tu n'arrives pas pour l'heure dite, mais bien avant, car tu as besoin de revoir tes fiches, de te rassurer en échangeant trois quatre vannes avec tes complices de toujours, de boire trois cafés et de fumer quatre clopes (ou d'engloutir quatre viennoiseries si jamais tu as arrêté de fumer). Ce qui nous fait : une heure de trajet, une demi heure de marge, une heure trente de préparation, donc tu dois partir au taf vers 8 heures. Si bien que tu devras te lever du lit conjugal vers 7h00, c'est bien ce que je disais. Et ça, ça risque de poser un vrai problème entre nous...



Mais pour cela aussi, je saurai être forte, et sacrifier Morphée sur l'autel de notre amour.


A toi pour toujours,

Valentine


Et demain ?


Cher Philippe,

On est dimanche matin très tôt, ou samedi soir un peu tard, je ne vais pas tarder à sombrer dans le sommeil qui me sépare de toi et de ta douce voix, et soudain j'ai l'envie de parier sur ce que j'entendrai dans une dizaine d'heures, ou plus si je ne m'éveille pas à temps. Serai-je socialiste ? Serai-je Don Quichotte ? Serai-je président Chirac qui se décide pour un énième mandat? Serai-je commissaire, Adamsberg en particulier? Serai-je grand magasin ?
Allez, j'aimerais être Adamsberg, mais je me contenterai bien d'être le rayon lingerie des Galeries Lafayette ou du Printemps...

A toi pour toujours,

Valentine

06 janvier 2007

Sacré corps

Cher Philippe,


Quelle ne fut pas ma surprise en achetant aujourd'hui Le Protocole compassionnel de découvrir sur la couverture une version d'une jeune créature éplorée radicalement différente de celle que je connaissais, et dont je m'étais d'ailleurs servie pour t'exprimer mes voeux pieux
Aussi ai-je eu envie de les juxtaposer afin qu'on mesure toute la distance et tout le sens apportés par le noir et blanc, et surtout par l'angle de vue de la photo. La première est une banale scène tirée du grand martyrologue chrétien - enfin c'est du moins ce que le titre nous invite à y voir, lui qui nous précise que cette créature éplorée est un certain saint Tarcise. Saint peu connu du panthéon, avouons-le, a fortiori sous la forme "Tarcise". En revanche, on en sait un peu plus sur Tarcisius, martyr adolescent du IIIème siècle, qui préféra mourir plutôt que de livrer aux hordes impies qui l'attaquaient la sainte hostie qu'on lui avait confiée. Ce qui se cache entre ces mains si jointes, ce serait donc une hostie. Sauf que dans le passage à la photo, cette scène sulpicienne et lacrymale prend une toute autre dimension. On n'y devine plus le corps du Christ caché entre ces mains, et on n'y voit plus que l'ultime offrande d'un corps adolescent, mortel et moribond, qui se délite en même temps qu'il séduit encore. Sans doute ce qui en a séduit d'autres avant lui, qui tirèrent cet obscur saint des limbes de la mémoire pour en faire le modèle des corps aimés, trop aimés, dont on ne se détache que dans la douleur. Et si tu ne me crois pas, va donc voir ce qu'un Falguière en fit, lui dont les statues du saint sont d'une sensualité assez déroutante.


Il ne me reste donc plus qu'à plonger dans le texte de Guibert pour comprendre si le choix des éditeurs de reproduire la peinture d'origine plutôt que l'interprétation photographique était légitime, ou si, comme j'en ai l'intuition, la convocation de ce modèle chrétien est une grossière erreur iconographique...
D'autres que moi s'en sont d'ailleurs émus avant moi, notamment El ogro terco

A toi pour toujours,


Valentine

Hervé Guibert, Le Protocole compassionnel, Folio.




04 janvier 2007

Le jeu des sept erreurs


Cher Philippe,

Je viens de relire des pages anciennes de ce blog, et donc enfouies dans des archives que tu n'auras peut-être jamais l'idée ou l'envie d'aller exhumer, or je m'aperçois que certaines d'entre elles sont parfois très pesantes, et soudain, l'idée que tu pourrais ne tomber que sur elles, et te méprendre sur moi, me glace d'effroi. Alors pour conjurer ce risque, j'ai imaginé deux mesures.
La première, que je répéterai régulièrement, est la suivante : Philippe, si tu débarques seulement maintenant sur ce blog, promets-moi d'aller voir aussi les pages



Ces pages t'en diront bien plus et te donneront une juste idée de moi. Et d'un point de vue purement personnel, je trouve qu'il serait dommage de les rater.
La seconde
, c'est d'introduire un peu de gaieté sur ce post grâce à la photo que tu peux y voir. Bon, le gars qui fait son kéké au centre d'une grappe de gommeux de la belle époque, tu l'as reconnu, c'est Proust. Et si tu ne l'avais pas reconnu, d'une certaine manière, c'est normal: dans ton esprit, Proust n'est pas un gars qui se la pète sur les photos en faisant semblant de jouer de la guitare avec une raquette de tennis.... Quand j'ai découvert cette photo pour la première fois, il y a longtemps, j'ai ri pendant dix jours d'affilée, et encore aujourd'hui, j'avoue que cet improbable cliché me réjouit fort. Lautréamont définissait le beau comme la rencontre d'une machine à coudre et d'un parapluie sur une table de dissection, je crois qu'on peut donc dire que cette photo est belle. Alors, pour prolonger cet effet joyeux, je te propose de jouer à présent au jeu des sept erreurs. Rappelle-toi, quand on était nains, c'était un jeu où il fallait trouver les différences entre deux images, généralement dessinées par un admirateur de Faizant, et il aurait fallu être soit très myope, soit très crétin, pour ne pas trouver les dites différences. Aujourd'hui, tu es peut-être myope, mais dans ce cas, tu portes des lunettes, alors on va modifier un peu les règles. A savoir : trouve dans cette image les détails improbables. A mon avis, il y en a bien plus que sept. Je t'en ai déjà donnés deux : Proust sur un terrain de tennis (première invraisemblance : on l'attend plutôt souffreteux au fond de son lit, ou se livrant à d'autres activités, toujours au fond de son lit), et Proust jouant de la guitare avec une raquette de tennis (en soi, ce point est un monstre d'invraisemblances à lui seul).
Il y en a plein d'autres, à toi de les trouver, et de me les proposer...

A toi pour toujours,

Valentine

03 janvier 2007

R.I.P.

En bonus, une autre version de la belle, plus folklorique.
Juste pour te rappeler que j'attends toujours avec envie, bienveillance et impatience les commentaires de tous ordres. Et qu'à défaut, la simple mention RIP., une fois de plus, me comblera de joie.
Lettres d'ailleurs d'autant plus d'actualité après l'histoire de l'Inconnue de la Seine...

"Ce n'est pas une femme, c'est une absence"
























Cher Philippe,

Une fois n'est pas coutume, commençons l'année avec ces mots d'Aragon à propos de l'une des énigmes les plus belles des derniers temps, celle de l'Inconnue de la Seine ou de la Vierge du canal de l'Ourcq, comme on la nommera selon qu'on préférera le modèle de Man Ray, en haut (1966), ou celui d'Albert Rudomine, à droite (1927).
Incroyable histoire que celle de cette femme, dont le cadavre fut, dit-on, repêché comme tant d'autres de la Seine, mais portant sur les traits le signe d'une beauté et d'une paix inouïes. On est fin XIXème, et le médecin légiste aurait, dit-on encore, trouvé le visage de la jeune fille si beau, qu'il aurait demandé à un mouleur d'en prendre la trace afin d'en faire un masque mortuaire, comme cela n'était pas rare à l'époque. Le mouleur en question ne manqua pas d'en commercialiser des tirages qu'il vendit dans sa boutique à nombre de curieux attirés eux aussi par cette incroyable icône. C'est là que Rilke le remarque lors de son premier voyage parisien en 1902, visage de la jeune femme noyée que l'on moula à la morgue, parce qu'il était beau et parce qu'il souriait, parce qu'il souriait de façon si trompeuse, comme s'il savait. Etrange image en effet que ce dernier portrait apaisé. Et puis à partir des années 20, ce moulage qui n'avait jusque là séduit qu'un petit nombre de connaisseurs va trouver un destin artistique plus que troublant, puisque, après bien d'autres et notamment Céline, Aragon s'en entiche, et publie Aurélien, dont le héros tombe amoureux de Bérénice le jour où il se rend compte qu'elle ressemble à l'Inconnue de la Seine, lorsqu'elle ferme les yeux.
Inconnue de la Seine dont le visage est alors peut-être moins connu par la circulation du moulage d'origine que par les étranges clichés qu'en fit en 1927 Albert Rudomine. Alors, peut-être aussi sous l'influence de ces compositions fascinantes, Aragon demande à Man Ray, dans les années 60, de donner à son tour plusieurs interprétations photographiques de la belle inconnue. Ce dernier en donnera quinze, dont celle que tu peux voir en haut de ce blog.
Il y aurait encore beaucoup d'autres fils à tirer de cette histoire de morte amoureuse, de noyée préservée, d'Ondine ou d'Ophélie moderne - beaucoup le furent d'ailleurs, mais ce n'est pas mon propos de te les rapporter ici. Pas plus que je ne déflorerai ici le mystère de l'identité de cette inconnue, ou de la réalité de sa noyade - non, pour ça, il faudra te débrouiller par toi-même si cela t'intéresse, ce n'est pas si sorcier. Mais dans ce cas, songes-tu fort légitimement, pourquoi est-ce que je te raconte tout ça ? Eh bien pour au moins deux raisons : la première, c'est que j'aime beaucoup cette histoire, cette légende, cette icône, cette jeune femme, et le destin qu'on lui réserva, et que chaque fois que je la retrouve sur ma route, comme par hasard ce soir en cherchant tout autre chose, je me plais à la donner à quelqu'un d'autre, pour qu'elle ne se perde pas. Tu étais donc la personne idéale.
La seconde tient à moi : tu as dû le remarquer, comme souvent quand je te promets quelque chose (du genre "la prochaine fois je te parlerai d'Hervé Guibert"), je ne le fais pas. De fait, malgré mon intention avouée d'évoquer dans ces lignes mes bilans, quelques listes et des résolutions, tu n'en sus jamais rien. Alors apprends ici que parmi ces résolutions, au demeurant peu nombreuses, figure en bonne place l'injonction de ne jamais perdre une occasion de se faire plaisir, accompagnée de sa loi absolue de renoncer à la justification permanente : dont acte.

Et puis enfin, cher Philippe, ces résolutions évoquées (je te parlerai plus tard si tu veux bien des deux autres plus importantes : susciter, rechercher et chérir toute occasion de boire du champagne, et apprendre à se traiter soi-même avec indulgence), je mentirais en n'ajoutant pas pour finir avec cette belle noyée, et avec les raisons qui m'ont poussée à te la donner à voir, que j'aimerais bien, un peu au moins seulement, te rendre curieux de moi comme tant d'autres le furent de cette belle inconnue : avec enthousiasme et créativité.

A toi pour toujours,

Valentine

PS: à tout seigneur, tout honneur, si cette histoire t'intéresse, outre les nombreux sites qui l'évoquent, je ne peux que te recommander chaudement l'article d'Hélène Pinet, L'eau, la femme, la mort. Le mythe de l'Inconnue de la Seine, paru dans le catalogue d'une exposition qui eut lieu en 2002 au musée d'Orsay, expo intitulée Le dernier Portrait.

02 janvier 2007

Trouvailles...

Cher Philippe,

Que cette année te doit douce, heureuse, à ta convenance, à ta guise, à ton aise, à ton goût, à ton rythme, à ta santé...
Et, bien sûr, puisse cette nouvelle année être celle de nos trouvailles

A toi pour toujours

Valentine

29 décembre 2006

Voeux pieux ?

Cher Philippe,

Il est d'usage de commencer l'année par des bonnes résolutions: pour ma part, je préfère la finir par des voeux, et sans vouloir te commander, vraiment, mon voeu le plus cher pour 2007, ce serait d'avoir un peu de répondant. Entends-moi bien, dans la vraie vie, je n'en manque pas, de répondant, mais sur ce blog, ça devient un peu lugubre d'entendre ses propres paroles résonner dans le vide.
Alors toi aussi fais un geste, même juste un signe, tiens, je te propose une chose: tu vas dans les commentaires, et tu écris juste "RIP". Comme ça personne ne sait ce que ça veut dire, chacun peut imaginer ce qu'il veut, et ça ne dit rien de qui écrit: tu en connais beaucoup, des gens qui écrivent "RIP" à des inconnues? Et puis personne ne saura si c'est vraiment toi, ou quelqu'un qui se ferait passer pour toi, enfin bref, tu vois que ça se tente.
Et ça me ferait vraiment plaisir. Or, comme j'ai été très très sage cette année, et qu'il ne me reste plus que deux jours pour voir mes efforts récompensés, c'est maintenant ou jamais.
Pour les bilans, ce sera demain, et les résolutions, après-demain.

A toi pour toujours,

Valentine

PS: cette belle image non pieuse, elle est d'Hervé Guibert, qui n'en finit pas de me fasciner, et dont je n'oublie pas que je dois te parler plus avant. Et je l'ai trouvée là

27 décembre 2006

Banquet


Cher Philippe,

Banqueter. Inviter des amis à sa table. Régaler ses potes. Faire table ouverte. Rincer la compagnie. Se faire péter la sous-ventrière. S'en mettre jusqu'à derrière la cravate. Finir rond comme une queue de pelle. Ronquer comme un bienheureux.

Ou quand Noël rime aussi avec des trucs biens.

A toi pour toujours,

Valentine

25 décembre 2006

Fucking Christmas


Cher Philippe,

Le type qui a inventé Noël était sûrement de mèche avec celui qui a inventé la psychanalyse. Résultat, avant même d'y aller, tu sais que ça va être horrible, mais tu y vas quand même, parce que tu ne peux PAS ne pas y aller (33 ans de morale judeo-chrétienne ne se défont pas en un jour), et c'est au moins aussi atroce que ce que tu avais imaginé. Pire, même.
Heureusement, le même a aussi inventé la radio (qui permet de souffler pendant le marathon du marron), ses magiciens (toi, une fois de plus, grâce te soit rendue), le train (qui permet, in fine, de revenir à la vraie vie après le dit marathon, dans une vraie ville, avec des vrais gens, et pas que des pères Noël pendus aux fenêtres décorées d'immondes loupiottes). Il a aussi inventé les livres - bien pratiques pour rester deux heures dans son bain sans que ça paraisse louche -, d'ailleurs il a aussi inventé les bains (ah, le sauveur de l'humanité!), et leur version Maxi 45, les piscines, et enfin les baladeurs MP3, pour t'écouter : dans le train, en allant à la piscine, dans mon bain, à la table de Noël parce que de toute façon personne n'y écoute personne, alors personne ne risque de s'en offusquer.
Donc, si je résume, le seul problème, avec toi, c'est qu'on ne puisse pas te recevoir pour Noël.
Au début, je voulais dire 't'offrir pour Noël', mais si une telle chose était possible, jamais je ne concevrais de ne pas te garder pour moi. C'est un peu comme de parier un Banco, un Keno ou un Morpion avec quelqu'un que tu détestes, et de perdre : honorer ton pari, c'est risquer d'enrichir une personne que tu hais, ce qui est déjà affreux, mais en plus, avec la monstrueuse certitude que, là où jamais tu n 'as été foutue de dégotter un ticket gagnant, ou guère plus qu'un euro, ce ticket-là a, lui, toutes les chances d'être gagnant, et gros gagnant. C'est typiquement ce qu'en d'autres termes on pourrait appeler la double peine. Voire la triple : tu as perdu le pari, la face, et le sort.
Donc, si tu m'as bien suivie, si je pouvais t'offrir pour Noël, je te garderais pour moi, parce qu'avec ma chance, si je t'offrais à une autre (non merci, pas pour moi, mais, tu peux bien les offrir à une autre.... comme disait l'autre), tu serais bien foutu de l'aimer. Et ça, ce serait mille fois pire qu'un Noël pourri.
Ce serait si terrible que ça n'aurait de nom dans aucune langue.
Alors, sus à Noël et à ses sectateurs, haro sur la Française des Jeux, et vive toi, qui me sauves de tout le reste.

A toi pour toujours,

Valentine

19 décembre 2006

En sourdine


Cher Philippe,

Ce ne sont peut-être pas encore des larmes de sang que je verse sur nous, mais mon coeur est bien lourd de ne t'entendre point, et plus encore, de disparaître chaque jour un peu plus de la visibilité du monde...
En sourdine, en sourdine....


Tout de même moins excitant que la bonne tempête du même Verlaine - si tu ne me crois pas, va donc voir là :
Green

Moi aussi, cher Philippe, j'aimerais que ma fatigue, à tes pieds reposée, rêve des chers instants qui la délasseront.

A toi pour toujours,

Valentine

PS : ces larmes fantastiques, je les ai trouvées là :
larmes de pierre

18 décembre 2006

Toi, même au bout du monde

Cher Philippe,

Ce week-end, j'ai vécu une expérience qui m'a emplie d'une joie indicible. Alors que depuis cinquante et quelques semaines, c'est seule, et en général dans mon lit, que je t'écoute le dimanche matin, ce dimanche, c'est au loin, et entourée d'amis chers, que je t'ai entendu. Et surtout, que j'ai eu le bonheur de constater que ces amis chers t'aimaient autant que moi - bon, un peu moins, quand même, mais beaucoup. Même au pays de l'exagération, tes inventions furent fort goûtées et accueillies de francs éclats de rire, le tout en dégustant un plantureux petit déjeuner, qui, comme tes bons mots, allait nous rassasier pour un moment. Et comme mes amis chers sont des amis de bons goût qui ne rechignent pas à mater les beaux derrières, la question a fini par surgir : il est joli garçon, le Collin ? Tu imagines bien qu'aussitôt, je mourus d'envie de crier que oui, tu l'étais, et le plus joli encore, mais primo, si tu m'as bien suivie, tu sais que je n'en sais rien - même si plus je t'imagine et plus je t'imagine à mon goût, une espèce d'alpha male qui n'aurait pas oublié d'avoir un cerveau (et son mode d'emploi). Et secundo, toute manifestation excessive d'enthousiasme à ton endroit eût paru déplacée aux yeux de mes amis, qui ignorent tout de cet autel que je te dresse chaque jour. Alors je me suis contentée d'une réponse évasive, du type on le dit, mais on ne le connaît que masqué, ou, un type si fort ne peut pas être vraiment vilain. Ce faisant, en moi-même, je me suis sentie un peu dans ton secret, ton intimité, et j'ai bien aimé cette sensation.
Lovely.

Voilà, j'avais prévu de te parler aussi d'Hervé Guibert, choix assez éloigné de ce qui précède, tu en conviendras, mais l'heure tourne, et je ne voudrais pas hâter mes mots à son propos, non que je les hâte au tien, mais le tien, j'y consacre chacune de mes journées, tandis que le sien, je ne le louerai peut-être qu'une seule fois.
Et je voudrais prendre le temps de dire, de signifier le tout que ça me fait de le lire, l'incroyable gifle, l'incrédulité, la curiosité malsaine et l'admiration sans bornes. Alors ce sera pour la prochaine fois.

A toi pour toujours,

Valentine

Des bras, du chocolat

Cher Philippe,

Je manque de temps pour aujourd'hui, alors faisons-nous plaisir en attendant plus.

A toi pour toujours,

Valentine

13 décembre 2006

Rambo


Cher Philippe,

J'ai la grande chance d'appartenir à ce grand groupe qu'est le groupe Hachette, bien connu des amoureux de la culture, des philanthropes, des philosophes et des humanistes en tous genres. Depuis que j'en fais partie, je suis tombée de Charybde en Scylla, et j'ai pu prendre la mesure du vide abyssal sur lequel se construit, se reproduit et se congratule le petit milieu de l'édition, généralement germanopratin, mais parfois étendu aux rives beaugrenelloises du fleuve Seine. Mais aujourd'hui, alors que je subissais pour la troisième fois le raout des gens de bien de cette auguste maison (groupe tentaculaire serait peut-être mieux venu), réunis dans le magnifique hôtel particulier de la Maison de l'Amérique Latine, autour de petits fours, de conférences payées en ménages et de consignes infantilisantes de la Kommandante en chef Bignon, aujourd'hui, donc, j'ai été récompensée de tant d'efforts de public relations. Car l'invité du jour, ce n'était pas ce cuistre de Gilles Martin-Chauffier - personnage vain s'il en est, dont la conversation éphémère n'est même pas plaisante, ni même Serge Raffy, dont les titres de noblesse m'échappent, sinon qu'il est celui qui aura dit à la France entière que le père de Jospin était collabo, et que le gendre de Michel Noir était un débauché (and so what????). Non, le vrai invité, c'était Patrick Rambaud.
Et là, claque dans la gueule, grand éclat de rire, envie immédiate de lire un orateur si brillant, et si humain. Il ne ressemble à rien, le gars Rambaud : quand je l'ai recroisé, ensuite, dans l'escalier, j'ai peiné à le reconnaître dans sa veste si verte et si élimée qu'on aurait pu croire que son vieil ami Fasquelle ne lui avait pas donné sa dot depuis bien longtemps. Petit, malingre, malin et l'oeil vif pourtant, et surtout la langue acérée, j'ai vibré de ses paroles.
Puisse Arnaud Noury en prendre de la graine.
Alors j'attends avec impatience le jour où le parrain te chargera de lire un livre de Rambaud, le I, le II, ou le III.

A toi pour toujours,

Valentine

PS : fais-moi penser la prochaine fois de te parler de la manière dont les gens biens de chez Lattès se fourvoient. Autrement dit, de comment l'expression "la littérature, c'est d'abord du plaisir du lecture" doit se décrypter comme suit : "on vend de la merde, on le sait, mais ça rapporte".

11 décembre 2006

Vénus, c'est tout


Cher Philippe,

Je suis d'humeur radieuse, alors une Vénus pour se faire plaisir s'imposait.

Valentine

10 décembre 2006

Oui-oui

Cher Philippe,

Non, le titre de ce post n'a rien à voir avec les béni-oui-oui qui nous imposèrent, sur cette antenne bien aimée, une propagande affligeante de mépris dont on retrouve encore les traînées filandreuses dans quelques journaux dits de gauche, et qui, à ce compte là, ne devraient pas tellement s'étonner de perdre leurs lecteurs - tout comme France Inter ses auditeurs en son temps, du reste. Si tu ne me crois pas, va donc voir l'incroyable tribune de Jean Quatremer dans libé du 8 décembre, ça nous ramène aux heures les plus glorieuses du débat référendaire.
Mais ce n'est pas de ça dont je vais te parler, d'autant que si je le faisais, ça me mettrait certainement de très mauvaise humeur de devoir songer de nouveau que, sur certains sujets, certaines opinions n'ont pas droit de cité, et sont systématiquement transformées en une source de mépris et de dénigrement des personnes.
Je ne vais donc rien en dire, mais t'entretenir d'une absence qui me semble curieuse, dans ton émission de ce matin, je veux parler de Oui-Oui.
Oui-Oui le taxi. N'est-il pas, à sa manière, le meilleur d'entre nous ?
Tu imagines Oui-Oui te tenir des propos racistes ou écouter radio Courtoisie à 3 heures du matin ? Tu peux concevoir Oui-Oui essayant de gruger Potiron en faisant mille détours au pays des jouets pour conduire son client à sa maison champignon qui se trouve à moins de deux cents mètres de là ? Tu imagines Oui-Oui refuser de prendre en charge Monsieur et Madame Bouboule sous prétexte qu'ils habitent de l'autre côté du périph'? De charger Mademoiselle Chatounette parce qu'elle a un caractère de cochon? Ou te racketter à la sortie, au point de te donner des envies de meurtre?
Non, trois fois non, bien sûr. Alors je te le redis, vraiment, tu aurais pu lui faire la place qui lui revenait dans ton émission. En même temps, à ton élocution du matin, j'ai comme l'impression que tu n'as pas sucé que des glaçons hier soir, et par conséquent, cet oubli peut se comprendre. A défaut de s'excuser. Mais qu'on ne t'y reprenne plus.
A part ça, c'était bien. Pas à se taper le cul au plafond en chantant l'Internationale, mais bien.

A toi pour toujours,

Valentine

08 décembre 2006

Disparition


Cher Philippe,

J'avais prévu de te parler de quelques vers du Cid qui me donnent à chaque fois que je les entends, et encore plus, à chaque fois que je les lis à haute voix, que je les passe au gueuloir comme disait Gustave, ces vers qui donnent, donc, le sentiment que, oui, le sublime existe :

Pleurez, pleurez mes yeux, et fondez-vous en eau,
La moitié de ma vie a mis l'autre au tombeau,
Et m'oblige à venger, après ce coup funeste,
Celle que je n'ai plus, sur celle qui me reste.

J'avais eu aussi envie de te parler de cet incroyable pastiche d'Angot, qui narre l'improbable rencontre de cette folle furieuse à la plume si lourde et de Doc Gyneco.

http://didier-jacob.blogs.nouvelobs.com (à la date du 30 novembre 2006)
C'est tellement bien fait que je n'ai d'abord pas vu la contrefaçon, et que j'ai failli appeler petite meuf - la fille qui bosse avec moi et dont je loue chaque jour l'existence, sans elle ce serait mortel - pour lui demander si elle savait qu'Angot kiffait Gyneco.
Mais une fois encore, je ne vais pas parler de ça, en tout cas pas maintenant, vu qu'un autre problème, autrement plus grave, vient de se présenter à moi :
la disparition de ce blog à ta gloire des archives du Net.
Si je nous trouve toujours sur blogger, en revanche, c'est mort sur google. Et je peux te promettre que j'ai fait mille fois le test, que j'ai essayé toutes les possibilités, celles qui fonctionnaient encore jusqu'à ce matin, et qui sont devenues caduques.
Autant te dire que mon post publicitaire de l'autre jour a été d'une efficacité rare.
C'est dramatique, tu en conviendras, parce que si on ne nous trouve plus sur Google, comment vas-tu faire pour me découvrir ?
Mais là n'est pas le pire. Car sais-tu seulement ce que j'ai pensé en découvrant l'affaire ? J'ai songé, j'ai honte de l'avouer mais il le faut, j'ai songé, mon amour, que tu étais tombé sur mes pages, que tu les avais haïes, et que tu les avais signalées comme étant illicites, les marquant ainsi d'un sceau d'infamie indélébile. Fébrilement, je me connectai le coeur battant, et découvris avec un soulagement indescriptible que ce n'était pas le cas. Ou qu'en tout cas, si censure il y avait eu, qu'elle n'avait pas visé l'objet, mais son exposition et la publicité y afferante - autrement dit, le disposifif officiel de censure des livres, tel qu'il existe en France, transposé au Net.
Fort, très fort...
N'empêche, je ne vais pas me laisser faire, et vais bien trouver un moyen pour remonter l'Everest du pays des lunettes de plongée.
Et quand ce sera fait, je pourrai t'expliquer, en toute quiétude, pourquoi Corneille ne fait pas un pli.

A toi pour toujours,

Valentine

06 décembre 2006

Niklaus

Cher Philippe,

Aujourd'hui, c'est la saint Nicolas, et du coup, tout ce que j'avais prévu de te dire passe un peu au second plan.
Ainsi, je ne te dirai pas pourquoi je t'ai choisi toi, toi et pas un autre - pourquoi pas Bonnaud, par exemple, après tout, ça aurait pu, il est plus connu, il parle bien, plus souvent que toi, il a su se faire tout plein d'entrées dans le petit monde buzzatique de la culture et pourtant il donne toujours l'impression de connaître, et de comprendre, les sujets dont il parle. Pourquoi pas un bien plus connu, ça, ça peut se comprendre : imaginons un instant que j'aie jeté mon dévolu sur, allez, disons Romain Duris. Je l'admire aussi, lui, et pas seulement parce qu'il y fait atrocement penser. Non, son jeu me convainc. Aussi. Eh bien, Duris, ça m'étonnerait fort qu'il en soit encore à scanner le web en quête de témoignages de reconnaissance. Non que je t'imagine en train de le faire - sinon nous nous serions déjà trouvés - mais tu pourrais. Connu mais pas trop, le début de la gloire mais toujours un pied du côté de la vraie vie, je pourrais te définir comme ça. Certes, me diras-tu, mais Bonnaud aussi, non? Eh oui, Bonnaud aussi, mais comme c'est la saint Nicolas, je ne vais pas avoir le temps de t'expliquer.
Pas plus que je ne vais pouvoir, comme j'en avais l'intention, te narrer la folle aventure qui m'arriva tantôt, et comment je me retrouvai bien malgré moi dans une réunion corporate à subir un lavage de cerveau en règle dont je me demande encore s'il est la préfiguration de ce qui m'attend dans cette atroce entreprise, ou s'il couronne ce que j'y ai déjà vécu. Dans tous les cas, ça m'a confortée dans l'idée de ne plus laisser une seule seconde de mon temps de cerveau disponible pour cette mascarade capitaliste, mais de cela encore, je ne vais pas te parler. Quant à la manière dont, alanguie sur mon canapé, je laisse mon attention divaguer jusqu'à ce que ta voix, sortie des ondes, emplisse mon salon et me sorte de ma douce torpeur en me donnant de délicieuses palpitations au coeur, c'est une telle évidence que les mots ne sauraient la décrire.
Non, tout cela n'est rien comparé à la saint Nicolas. Attention, je te parle du vrai Nicolas, pas du petit énervé qui se rase en pensant à nous (atroce, cette idée que des personnes que l'on déteste peuvent se donner du plaisir en pensant à nous, non ?), ni du petit gars qui fait bêtise sur bêtise avec ses potes Eudes et Rufus, ni enfin du petit Nico qui crie dans le poste durant le cetnoeuftrante - je l'aime bien, lui, même s'il serait bon qu'il apprenne à poser sa voix, ça m'éviterait des réveils militaires pas toujours heureux.
Le vrai Nicolas, lui, il était hyper plus fort que tous ceux là réunis (et tous les autres, mais bon, je vais pas tous les citer, hein?). Lui, il faisait comme ça avec ses mains, ou encore comme ça, il mettait ses doigts comme ça, et puis comme ça, et hop, c'était plié. Il arrivait, il prenait sa tête de saint Nicolas, celle avec des yeux comme ça et le sourire qui va avec, un geste du bras, trois mots, et paf, ça le faisait.
Autant te dire que c'était pas le genre de gars à qui on aurait osé coller un audit performance.
Alors comme c'est sa fête aujourd'hui, même s'il est mort depuis au moins dix mille milliards d'années, on va pas se gêner pour la lui faire, sa fête. Pour le modus operandi, je te laisse libre d'agir à ta guise, pour ma part je pense que je vais appeler un Nicolas de mes amis, et qu'après quelques coupes de Ruinart, nous nous ferons plaisir avec des gestes comme ça, comme ça, et puis comme ça. Et à mon avis, ce sera rien que du bonheur.
C'est ça qui est bien avec la saint Nicolas.

A toi pour toujours,

Valentine

Talion


Une pub, un chef-d'oeuvre : l'alternance me paraît honnête / salvatrice

05 décembre 2006

Minute à caractère informatif


Cher Philippe,

Tu le sais mieux que moi sans doute, on n'a rien sans rien. Or, comme il est hors de question que je reste à me tourner les pouces et à me ronger les sangs devant mon écran en attendant que ton auguste regard tombe sur mes humbles lettres, il est temps d'aller au devant du succès, et de recourir aux techniques les plus éprouvées, et les plus méprisables, pour faire un bond quantitatif sur Google dans les hits les plus recherchés.
Le tout sous l'égide d'une marque de champagne, parce que même lorsqu'on renie ses valeurs les plus ferventes, il est bon de le faire avec classe et distinction.
Dont acte.

Sexe, érotisme, cul, pipe, video :ceux-là, pas besoin de les expliquer...
Panique au mangin palace, Frédéric Bonnaud, France Inter, Bande à Bonnaud:
ceux-là, ce n'est pas qu'ils soient connus, mais on risque bien de les rechercher en même temps que toi...
Ségolène Royal ; PS ; élection présidentielle ; 2007 ; TGV Est (et pourquoi pas???):
je t'avais prévenu, c'est du lourd.
Tetesaclaques ; Florence Foresti ; Djamel Debouze ; Kamini ; Lost :
du buzz bankable comme on dit à aujourd'hui.
Noël, cadeaux de noel, DVD, MP3, téléchargement, Apple :
opportuniste et impactant.
Six Feet Under, Harry Potter, Zidane, Beatles :
back to basics

Voilà.
Il ne me reste plus qu'à te garantir que dès que je t'aurai touché, j'effacerai ces posts vils et mercantiles.
Je t'en fais la solennelle promesse sur ce que j'ai le plus cher, toi, donc.

A toi pour toujours,

Valentine

Vienne la nuit, sonne l'heure

Cher Philippe,

Aujourd'hui, je suis un peu fâchée, ou bougonne, car le temps passe, et tu ne viens pas, pas encore, je sais, mais que veux-tu, je tremble d'impatience à l'idée de te serrer dans mes bras et de sentir enfin ton souffle sur ma nuque, tes lèvres sur les miennes, tes mains sur les courbes embrasées de mon corps...
Mais mon bien aimé, si tu ne viens pas, comment veux-tu que nos yeux se rencontrèrent ?

En attendant que ce jour béni arrive - peut-être pas sur un bateau, non, et je ne porterai pas de châle, Dieu m'en préserve - que dois-je faire pour te plaire, mon bien aimé ?

Dis-moi, et tu seras exaucé.
Demande, et tu recevras.
Exige, et tu seras comblé.

Mais toi, que feras-tu, en cette tendre nuit ? Me verras-tu, rougiras-tu, pâliras-tu à ma vue ? Parieras-tu sur toi-même que tu me baiseras la main, sous peine de passer pour indigne ? Demanderas-tu qui est cette dame, là-bas, qui enseigne aux torches à briller clair ? Ou bien n'aimeras-tu pas comment je serais habillée, cette étoffe que tu n'auras pas choisie ? A moins, enfin, que tu ne trouves mon profil trop accusé, ma peau trop fragile, mes pommettes trop saillantes, mes traits trop tirés...
Tu vois, mon doux ami, il existe mille façons de tomber amoureux, et je suis sûre que celle qui nous est réservée sera sublime.

A condition, bien sûr, que tu ne laisses pas filer l'heure...

A toi pour toujours,

Valentine


04 décembre 2006

Piqure de rappel


Cher Philippe,

Cela fait presque un mois que je t'entretiens, et il peut être bon de revenir sur les fondamentaux - imagine, si tu débarques seulement maintenant, tu risques d'être un peu surpris.
Dont acte.


Cher Philippe,

Je sens bien que ça va te surprendre, un blog juste pour attirer ton attention afin de finir dans tes bras, et surtout à ton bras, à la mairie avec tout le tralala, et tu auras raison d’être surpris. Mais enfin, d’abord on ne choisit pas, hein, et puis, avoue que ça change des plans qu’on a déjà vus partout. Sans compter que ça fait très moderne, ça, un blog pour t’épouser. Un peu comme une version 2.0 de Meetic, mais en drôlement plus fort : sur Meetic, je pourrais chercher un homme parmi d’autres, et faire mon petit marché parmi une liste de surnoms plus ou moins crétins, alors que là, non. C’est même tout le contraire, et je le dis haut et fort : je ne veux que TOI. Et je le jure le cœur sur la main, ou l’inverse, Brad Pitt pourrait bien se présenter ici et prétendre à ma main, je le renverrai avec mépris. Certes, je te l’accorde, il est fort peu probable que Brad Pitt se livre à une telle déclaration sur ma personne, mais on ne sait jamais.
Et puis, moi aussi, je suis Jolie. Bon, d’accord, tu ne peux (presque) rien en savoir sur ce blog, et il va falloir me faire confiance sur ce point. Mais c’est de bonne guerre : après tout, moi non plus, je ne sais pas si tu es joli. J’ai bien un vague souvenir d’avoir vu ta photo traîner dans un magazine, mais tout cela est lointain, et flou, et je dois dire que je n’ai rien fait pour essayer de googler ta bobine. Non, mon amour est bien au-dessus de ça, et là encore, je te l’affirme, fusses-tu laid à faire peur, fusses-tu affligé de la pire des infirmités, je t’aimerais quand même. Enfin, ce n’est pas une raison pour me dépêcher Sim à notre premier rendez-vous, uniquement pour savoir si mon cœur est aussi ferme que mes déclarations. Si tu m’aimes, une simple déclaration de sincérité te suffira.
Car vois-tu, Philippe, moi je t’aime sans concession. Et ce depuis le tout début. Depuis Comme un ouragan – bon, d’accord, là j’ai vérifié sur le Net, mais tu ne peux pas m’en vouloir, parce qu’à l’époque j’étais amoureuse de quelqu'un d’autre, et puis surtout c’était les vacances, alors j’écoutais d’une oreille encore un peu distraite, même si je m’en repends amèrement aujourd’hui, tu t’en doutes. Mais c’est promis, à partir de Charivari, et surtout, depuis la Panique, je crois que tu n’as pas eu fan plus fidèle que moi. Rends-toi compte, avant même l’invention du podcast, je bidouillais mon ordinateur pour capter le flux de ta chronique et me la repasser en attendant la suivante. C’est pour dire. Ah et puis, tu verras, je dis « la Panique », c’est un diminutif un peu rapide, mais c’est surtout affectueux, depuis le temps, j’ai un peu l’impression que ça m’appartient à moi, aussi. Enfin, il suffit que tu me dises que ça te gêne, et j’arrêterais tout de suite.
Je t’aime sans concession, donc, et ne t’attends ainsi pas à ce que je fasse le moindre compromis sur la nature de notre relation.

A toi pour toujours,

Valentine


03 décembre 2006

Economies


IL FAUT ETRE ECONOME DE SON MEPRIS
COMPTE TENU
DU GRAND NOMBRE DE NECESSITEUX

Writings, III

Cher Philippe,

Writings, III, parce que c'était le titre de la photo que je ne parviens pas à poster, trop lourde, paraît-il. Même jusque sur les blogs, le diktat de la minceur fait donc des ravages.
Des livres qu'on déchiquette, des enfants terribles, des feuilles qui volent, des bancs qui se vident, et des couleurs froides ; des postures hiératiques, l'un qui sait partir, et l'autre qui reste scotché à son banc ; des enfants qui n'en sont déjà plus, des livres qui n'en sont pas : voilà, en quelques mots, un résumé de l'ambiance de mon week-end.
Du genre de ceux qu'on préfère ne pas avoir à répéter trop souvent - le corps n'y résisterait pas, je crois.


A toi pour toujours,

Valentine