
Cher Philippe,
C'est l'été, mais comme chacun sait, depuis que Sarkozy a été élu, il pleut. Il faut donc s'occuper. Quoi de mieux, ainsi, que de passer des heures à farfouiller de blog en blog, à la recherche d'informations captivantes sur des sujets essentiels - par exemple Philippe Collin, la Panique au Mangin Palace ou le devenir de la Bande à Bonnaud ? Aussi est-il plus que probable que de nouveaux lecteurs nous rejoignent - malgré la terrible trahison de Google qui me tient punie au purgatoire des pages qu'on ne regarde jamais (c'est-à-dire, toutes les pages, sauf la première) -, sauf que ces nouveaux lecteurs, débarquant en plein été, saison surtout marquée par le fait que les Paniques du dimanche sont des rediffusions, risquent d'être un peu perdus dans le foisonnement de ces 98 billets.
Aussi vais-je me permettre de les orienter à travers ces pages, afin qu'ils sachent comment je suis tombée amoureuse de Philippe Collin.
Evidemment, je sais que l'amour ne s'explique pas, se justifie encore moins, et ne se plaide surtout pas, pourtant je me suis risquée, depuis huit mois, à t'appeler, à te supplier parfois, à te provoquer même, voire à te menacer, mais rien n'y fit : tu restas à jamais silencieux. Ni pour Noël, ni pour la soixante-neuvième émission, dont je t'avais pourtant soufflé le canevas idéal, ni pour la dernière, tu ne te manifestas. J'eus beau te menacer d'élire un autre Valentin, toujours tu te dérobas à mes mots.
Dieu sait pourtant si je les économisais pas pour te plaire, mes mots, et sur les sujets les plus variés: le six décembre, n'étais-je pas sur le pont pour te parler de Nicolas, le vrai, sept mois avant l'avènement de l'imposteur que l'on sait ? Fidèle auditrice de toujours, n'ai-je pas rendu hommage aux institutions de France Inter - enfin, je veux parler du temps où France Inter était encore une radio écoutable, et dont les dirigeants ne se tiraient pas une balle dans le pied en passant à la trappe les troublions qui dérangent?
Et je ne te parle même pas des quelques billets sortis de nulle part, mais qui me plaisaient royalement, comme cette inconnue de la Seine, cette découverte de Virginie Despentes, ou, bien sûr, cet homme dont je serais amoureuse si je ne t'aimais déjà: Emmanuel Carrère. Que dire encore de ces autres billets, où l'amour de toi me dictait de longues pages, ou de plus brèves , ou encore de toutes ces villes que je foulais en ne pensant qu'à toi - Marseille, où l'on me lit et où on t'écoute, Marrakech, où je vivrais volontiers avec toi ?
Eh bien, de tous ces mots, il n'y a sans doute rien à dire, sinon que je continue à croire que tu les a lus, à espérer qu'ils continueront à avoir leur raison d'être à la rentrée des ondes, et qu'ils trouveront l'heur de plaire à ceux qui me font l'honneur de me lire.
A toi pour toujours,
Valentine





































