
Je regrette rarement d’avoir agi, et systématiquement de ne pas l’avoir fait. Je repense à la douleur des histoires qui n’eurent pas lieu. L’autoroute m’ennuie, il n’y a pas de vie sur les bords. Sur l’autoroute, les bords sont trop loin pour que mon imagination leur donne vie. Je ne vois pas ce qui me manque. J’ai moins envie de changer les choses que la perception que j’en ai. J’aime les rencontres de voyage : brèves et sans conséquences, elles ont l’enthousiasme des commencements, et la tristesse des séparations.
Edouard Levé, Autoportrait, P.O.L, 2005.
Photo Laurent Freyss
Edouard Levé, Autoportrait, P.O.L, 2005.
Photo Laurent Freyss

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